Elections: tout est encore possible au Royaume-Uni

  • Plusieurs scénarios envisageable

Aujourd’hui, l’électorat britannique doit se rendre dans les « polling stations » déposer des bulletins de vote dans les urnes, afin d’élire les députés qui siègeront à la chambre des communes au parlement de Westminster.

À l’issue de ce vote, il sera possible d’entrevoir quel genre de gouvernement sera formé pour diriger la Grande-Bretagne. En effet, afin de pouvoir former un gouvernement viable, un parti doit atteindre une majorité de sièges à la chambre des communes (326). Alors que les deux principaux partis, les travaillistes (Labour) et conservateurs (Conservatives) sont au coude à coude dans les derniers sondages (tous deux crédités à 34% des voix), il est peu probable qu’aucun des deux décroche une majorité, et le scénario de la formation d’un nouveau gouvernement de coalition reste le plus envisageable.

  •  Un électorat peu convaincu

Le gouvernement sortant, composé des libéraux-démocrates (Lib Dems) et des Conservatives, malgré un bilan économique satisfaisant, ne fait pas l’unanimité. Et pour cause, le fossé entre les riches et les pauvres n’a cessé de s’accroitre, comme en atteste le développement des banques alimentaires et des contrats zéro-heures pendant les cinq années qu’a passé David Cameron au 10 Downing Street.

Ed Miliband, le leader travailliste risque, quant à lui, de se voir privé d’une majorité, notamment à cause de l’implantation du Parti Indépendant Écossais (SNP) au nord du pays. Ce dernier, qui a gagné en importance depuis le « non » au referendum sur la sortie de l’Écosse du Royaume-Uni séduit de plus en plus l’électorat travailliste désillusionné. Par ailleurs, Miliband a annoncé que son parti ne s’alliera pas avec les indépendantistes Écossais lors d’un débat télévisé à la fin du mois dernier. Il les accuse de vouloir démanteler le Royaume-Uni. C’est pourtant la quarantaine de sièges que les sondages prédisent remportés par le SNP dont les travaillistes auront besoin s’ils veulent obtenir une majorité. Ceux-ci pourraient aussi se tourner vers les libéraux-démocrates, à condition qu’ils remportent plus de sièges que les conservateurs. En effet, Nick Clegg, le pragmatique leader du Lib Dems a annoncé qu’il pourrait former un gouvernement de coalition avec le parti qui remportera le plus de voix.

Ainsi, le jour même des élections, tout reste possible et plusieurs scénarios sont à envisager outre-Manche, y compris celui d’un gouvernement minoritaire.

  • Les enjeux

En cas de « victoire » du parti conservateur, une sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne (Brexit) est plus que probable, comme David Cameron l’a promis, afin de se rapprocher des électeurs eurosceptiques de L’UKIP (Union pour l’indépendance du Royaume-Uni) et de son propre parti. Si les travaillistes de Miliband en venaient à sortir vainqueurs des élections, la croissance économique serait ralentie et les grandes compagnies surtaxées – c’est en tout cas l’avis des militants conservateurs. Certains reprochent au Labour de vouloir diviser le pays, en offrant au SNP un deuxième referendum sur l’indépendance de l’ Écosse (ce que Miliband dément en affirmant qu’il ne passera pas de marché avec ceux-ci) et de vouloir détruire l’équilibre économique du pays.

Bien que l’issue reste incertaine, cette élection pourrait bien être la plus importante pour le futur du Royaume-Uni et surtout de l’Europe.

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